Philippe Néel

Philippe Néel est né le 18 février 1861 à Alès dans le gard.  Il était le fils d’un pasteur, lui même prénommé Philippe, né à Jersey, qui s’était installé en France en 1841. Il a épousé Fanny Auzière, fille, elle-même, d’un pasteur et le couple eut 10 enfants. Après de brillantes études, Philippe entra à l’Ecole Centrale et devint ingénieur. Il partit faire carrière en Afrique du nord et devint ingénieur des chemins de fer tunisiens en construisant la ligne « Bône-Guelma » qui relierait l’Algérie à la Tunisie.

Alexandra David-Néel fit la connaissance de Philippe Néel, 39 ans, dans le désert du Sahara à la fin août 1900, lors d’une petite excursion. Philippe fréquentait assidûment le casino de Tunis pour jouer et écouter les airs qui s’échappaient de l’opéra. C’est ainsi qu’il vit, pour la seconde fois, Alexandra Myrial, splendide dans ses costumes de théâtre rutilants et dont la voix de prima donna résonnait sous les ors flamboyants.

Alexandra17Un soir, elle vit passer une petite carte sous la porte de sa chambre. Elle comprit tout de suite de qui était l’écriture, le grand monsieur frisé comme un mouton et au regard d’azur . Rapidement, Philippe emmena Alexandra faire un tour sur son voilier, l’ « Hirondelle » et il est à penser, d’après un petit mot écrit de la main de la jeune femme que c’est là, le 15 septembre 1900 qu’ils devinrent amants : « Hirondelle, prima volta ». Durant 4 ans, ils vécurent en union libre dans une maison tunisienne et Alexandra finit par persuader Philippe de devenir son mari. Il finit par accepter songeant que ce contrat mettrait la loi de son côté et que dès lors, il pourrait mater cette féministe au caractère impossible. Le 4 août 1904, les deux personnages s’unirent au consulat de France à Tunis.

Par la suite, leur vie conjugale devint houleuse et les deux époux se déchirèrent de nombreuses années dans des colères épouvantables ou des mutismes glacés. Pour tenter un retour vers une vie meilleure, Philippe proposa, en 1906, le divorce à Alexandra qui refusa catégoriquement. Devant la neurasthénie grandissante de sa femme, il lui donna l’idée d’un beau voyage, vers l’Asie, afin de revenir quelques mois plus tard guérie et joyeuse. Alexandra partit mais ne revint que 14 ans plus tard…

Philippe, apprenant que sa femme, au terme de ce long périple vers Lhassa, comptait revenir emménager à ses côtés, refusa net et lui fit part de sa volonté de divorcer. Elle refusa encore et revint en France où elle prit pied dans une maison de Toulon. A partir de ce moment, Alexandra et Philippe se revirent au moins une fois par an, sur le chemin de Vichy lorsque son époux allait prendre les eaux. Il s’arrêtait à Toulon, puis à Digne où son plus long séjour fut de 2 mois.

Ce fut lors de son dernier séjour en Chine qu’Alexandra apprit, le mercredi 19 février 1941, par un télégramme, le décès de son époux 12 jours auparavant : Le 7 février. Sa réaction :

« J’ai perdu le meilleur des maris et mon seul ami.«