Danses de Tcham

tchamLes danseurs de Tcham : La tradition des danses sacrées au Tibet remonte au VIIIème siècle, date de l’introduction du Bouddhisme dans ce pays par Guru Rinpoché Padmasambava. Celui-ci avait été appelé pour ériger le monastère de Samyé. Afin de conserver le sol à l’emplacement du monastère, il réalisa le Mandala de Vaira Kilaya puis entreprit une danse dans les airs destinée à subjuguer les génies du sol qui altéraient le bon déroulement des opérations. La surface sur laquelle se porta son ombre durant cette danse miraculeuse aurait délimité la forme des fondations du monastère. Ces danses de Tcham prennent place chaque année à la fin du premier mois du calendrier tibétain (février ou mars). Les moines danseurs se consacrent plusieurs années à l’étude approfondie auprès de maîtres qualifiés afin de les exécuter parfaitement.

Par son symbolisme, la chorégraphie est d’une complexité assez grande : Chaque mouvement du corps, chaque position des mains est codifiée. La mise en scène, qui résulte souvent de visualisations obtenues par de grands maîtres au cours de leurs méditations, se doit d’être parfaite car elle se veut l’expression de la foi et a également valeur didactique.

A l’origine, il s’agissait pourtant d’une pratique totalement ésotérique. Ces danses n’étaient pas connues comme des spectacles publics et seuls les initiés qui participaient aux rituels pouvaient y assister. Ce n’est qu’aux environs du XVIème siècle qu’elles s’ouvrirent peu à peu à un public plus large.

Ces danses masquées cherchent donc à établir un lien avec la déité invoquée mais elles ont de surcroît une fonction de purification, d’élimination des négativités.

Elles ne sont que la partie visible du rituel qui comporte également de nombreuses récitations et pratiques méditatives effectuées par les moines. La danse n’est pas une simple activité corporelle, elle est aussi méditation de la déité représentée et récitation de son mantra.

Ce que nous pourrions regarder comme un spectacle est en fait conçu par ses exécutants comme un hommage, une offrande aux déités.