Le purba

IMG_1890Poignard magique, dague rituelle, le purba vainc le maléfice et détruit l’obstacle. C’est l’arme cérémonielle ultime du chamane ou jhankri. Qu’on l’appelle purba, phurpa (Tibet central), phurbu (Ladakh), le dérivé phur transcrit en tibétain signifie « clou ». Il transperce (le démon, le mal, autrement dit l’ignorance) et assemble, relie (le bon, la connaissance). La forme du purba serait une réminiscence du clou à trois facettes qui permet aux voyageurs (nobles, religieux, commerçants, paysans) himalayens de survivre et de planter une tente. Les motifs arborés au sommet des purbas, parfois difficilement identifiables, semblent souvent mélanger à l’iconographie bouddhiste et hindouïste des symboles au sens perdu, et néanmoins repris.

Padmasambhava aurait consacré l’usage actuel du purba au VIIIème siècle lorsqu’il bénit le sol du monastère de Samye. En général, trois visages, courroucé, paisible, souriant, les trois faces du dieu buveur de sang Vajrakila, couronnent la dague. Le corps est constitué d’un Dorjé dont les deux pointes s’appuient sur deux nœuds d’éternité et se prolonge par un animal marin fabuleux, le Makara, qui agrippe en sa gueule la lame triangulaire où se lovent les serpents. C’est parfois Garuda, un oiseau mythique semblable à l’aigle, qui se substitue au Makara pour lutter contre les forces du mal (les Nagas serpents). Vajrakila est le principal dieu associé au purba.