Les bols tibétains ou bols chantants

Contrairement à une idée reçue les bols chantants, n’existent pas dans la tradition tibétaine et sont nommés improprement « bols tibétains ». Aucun texte bouddhiste ne mentionne l’utilisation de bols chantants lors de rituels. Aucun moine ne les utilise, c’est une adaptation de bols alimentaires par des musiciens occidentaux dans les années 60. Ils proviennent à l’origine du Népal où ils sont toujours fabriqués par les Newar. Les Newar ont une longue tradition artistique: ils ont été bâtisseurs, architectes, sculpteurs, potiers, peintres, orfèvres… Parallèlement à leur qualité pour la cuisson des aliments, ces bols ont des propriétés acoustiques indéniables qui sont certainement dues au fait que les Newar utilisent le même alliage que celui des instruments de musique ou d’offrande du son (Ting Sha) qu’ils fabriquent également.

Quand on interroge les tibétains sur leur utilisation, ceux-ci sourient ou répondent qu’ils peuvent éventuellement être utilisés en tant que récipient d’offrande ou pour un usage domestique.

Actuellement ces bols, très prisés des occidentaux, s’utilisent en frottant le bâton sur le pourtour, ce qui produit un son particulier qui dure dans le temps, un peu à la manière de nos verres en cristal. On peut également les frapper avec le maillet. On en trouve partout et à tous les prix. L’idéal est de les tester car certains bols ont un son peu agréable… Le prix varie généralement en fonction du poids du bol (et non du diamètre) et des métaux utilisés. Les fameux sept métaux les composant ne sont qu’une aimable plaisanterie de marchands, répétées à satiété par ceux qui les vendent. Faites donc faire une analyse chimique de ces bols et vous verrez… que business is business.

Alors, nous direz-vous, pourquoi vendre ces bols dans notre boutique? C’est un détournement d’objet qui a donné un instrument de musique assez sympathique, pour ne pas dire spectaculaire, mais nous estimons qu’il n’est point besoin de raconter des fariboles pour les vendre. Les vendre, justement, nous permet de faire gagner de l’argent aux artisans locaux en achetant leurs marchandises en commerce équitable. Les  bols faits au Népal pour la boutique du musée sont faits de cuivre, d’étain et de zinc.