Les Déités

bouddhaLe bouddhisme (mot créé au début du 19ème siècle par les occidentaux, le vrai mot de l’Inde ancienne est Dharma ou Dhamma  : l’enseignement, la loi naturelle, l’essence, la substance, la nature des phénomènes etc…), contrairement aux autres religions théistes, ne pose pas l’idée d’un dieu créateur. Les déités bouddhistes ne peuvent donc pas être comparées aux dieux des chrétiens, juifs ou musulmans. Cependant «  le bouddhisme  » accepte l’idée de dieux mondains, les « dévas », mais lorsqu’on fait référence à des déités, ce n’est pas d’eux que l’on parle. Les occidentaux ont, en raison de ces subtilités, beaucoup de mal à appréhender et comprendre la notion de déités dans l’enseignement du Bouddha. Le Dharma du Bouddha parle de la « réalité éveillée » en évoquant la théorie des trois corps. Un éveillé, un Bouddha, ne se cantonne pas dans une apparence humaine liée au temps et à l’espace, il existe simultanément sur trois plans que l’on dénomme, dans la tradition, « corps » : le corps absolu, le corps de gloire et le corps d’émanation. 

Le corps absolu désigne l’aspect non-manifesté, « vide » de l’esprit éveillé, infini comme l’espace, embrassant la totalité des phénomènes dans sa faculté connaissante illimitée et possédant potentiellement toute possibilité de manifestation.

Le corps de gloire est la manifestation de l’éveil sur un plan extrêmement subtil, le domaine de la lumière si l’on peut dire, auquel n’accèdent habituellement pas les humains ordinaires.

Le corps d’émanation se réfère quant à lui à la manifestation physique d’un Bouddha, par exemple sous une forme humaine : Les tulkus (corps d’émanation).

Les déités appartiennent généralement au domaine du second corps, le corps de gloire, même si certaines représentations de Bouddhas symbolisent le corps absolu. Ainsi leur essence n’est-elle autre que l’esprit éveillé des Bouddhas dont elle est la manifestation. Étant donné que tout être humain possède potentiellement les trois corps, elles ne sont pas non plus, ultimement, séparées de l’esprit du pratiquant qui est appelé à les réaliser en lui-même.