Les mantras

mantrasDans l’hindouisme et dans le bouddhisme, le Mantra est une formule brève formée d’une seule ou d’une série de syllabes que l’on répète de nombreuses fois suivant un certain rythme au cours de la pratique d’une Déité. Ce terme sanskrit signifie outil de l’esprit (manas) et le suffixe -tra, signifie protection, d’où la définition traditionnelle de protection de l’esprit. Le Mantra a pour objectif de canaliser la pensée vagabonde et focaliser l’esprit. Il s’agit d’une formule sonore et rythmée, fondée sur la répétition de sons réputés bénéfiques pour le corps ou l’esprit.

Avant toute pratique, il faut analyser sa motivation. En effet, s’asseoir sans but, n’a aucun sens. Sans motivation, sans direction, la dispersion, l’égarement mental ou la torpeur seront nos maîtres.  Si l’on est bouddhiste, on  prend refuge selon la procédure traditionnelle, (visualisation de votre maître dans la lignée ininterrompue qui remonte au Bouddha) en  associant à notre  démarche tous les êtres  : parents, amis, ennemis, personnes indifférentes. On peut s’aider d’un écrit  rappelant les différents points essentiels qui soutiendront notre démarche afin de réactiver notre motivation. Associé à tous les êtres, on peut accomplir aussi l’offrande mentales des cinq sens. Si cela vous est possible, les offrandes mentales  sont concrétisées par un support matériel  : si l’on a rien de particulier comme de l’encens, un peu de nourriture, des fleur etc…, on utilise simplement de l’eau  : celle-ci se trouve partout, elle n’est pas liée à l’avarice, elle est pure  et on peut ainsi renouveler sans limitation ces offrandes.

Pour la récitation de mantras, il est nécessaire d’avoir reçu d’un maître qualifié la transmission de l’aspect qui nous correspond. Ce mantra répété avec la motivation adéquate sera l’outil avec lequel on réduira progressivement les négativités auxquelles nous sommes habituellement soumis. Il est le lien avec le maître, source d’inspiration, la lignée de transmission et notre véritable nature représentée par la déité à laquelle on s’associe.

La récitation du mantra peut s’effectuer aussi dans le cadre d’un rituel ou d’une liturgie (sadhana) élaborée, incluant visualisations, mudrâs (postures du corps), etc. Le récitant peut s’accompagner d’un mâlâ, chapelet comportant 108 grains, par exemple dans le cadre d’une retraite où il est demandé la récitation d’un million ou deux millions de mantras, ceci  afin d’avoir une idée du nombre de mantras répétés. Cependant, «  même si des mantras sont récités longtemps et qu’une ascèse difficile est longtemps observée, si l’esprit s’égare, comme le Bouddha l’affirma, ces activités seront inutiles  ».

Le mantra le plus connu en occident est le Mantra qui est l’essence de la compassion des bouddhas (appelé familièrement « mani » au Tibet Mantra de Tchenrézig). Il se prononce « om mani pémé hum » en tibétain ou, en sanskrit, « om mani padmé hum ». Sa récitation se fait conjointement à une visualisation très détaillée du Bodhisattva de la compassion, Tchenrézi en tibétain, ou Avalokiteshvara en sanskrit.

Chacune des syllabes du Mantra est le bija: l’essence-semence de libération de chacun des domaines ou règnes d’existence, des paradis des Devas (Déité mondaines) jusqu’aux enfers. C’est donc envers l’univers entier que le pratiquant envoie sa compassion. Et encore, chacune des syllabes représente une des six vertus transcendantes (paramitas) de la pensée du Mahayana que le pratiquant cherche à actualiser en lui-même.

Le Mantra est basé sur le pouvoir supposé du son (fréquemment lié au nom d’une divinité spécifique). C’est par la vibration du son et sa résonance qu’il aurait le pouvoir de modifier son environnement, ainsi que les personnes qui le récitent. Par ailleurs, la justesse de la prononciation du Mantra est traditionnellement considérée comme importante.

Il est à dire que Mantra et Déité ne sont pas deux choses séparées, mais deux expressions différentes de la même réalité : L’une sous forme visuelle, l’autre sous forme sonore.