Le Dragon

Le dragon chinois

dragon3L’on retrouve souvent, dans les symboles tibétains le thème du Dragon. Le Tibet s’est largement inspiré des pays environnants pour créer sa propre mythologie et le dragon reste un personnage très fort. Le dragon oriental est l’un des deux grands types de dragons et s’oppose au dragon européen dans le sens qu’il n’est pas automatiquement mauvais. Il représente les forces de la nature et dès lors doit être considéré avec précaution car, comme la nature, il peut être dangereux. Différentes formes, aux noms différents, existent en Asie, néanmoins de morphologie assez semblable. Le dragon chinois est le plus représentatif de tous, créature de la civilisation chinoise qui régna sur une grande partie de l’Asie. À travers les cultures orientales se retrouve la symbolique du dragon en tant que représentant de l’empereur ou du représentant du pouvoir.

dragon1Le dragon chinois, « Long » est une créature composite caractérisée par un corps serpentin et une féroce gueule barbue. Les détails de sa morphologie varient selon les sources et les époques. Selon le philosophe Wang Fu, vivant sous la dynastie Han, il emprunte des traits à pas moins de neuf animaux : Il a une tête de chameau, des yeux de démon, des oreilles de bovidé, les bois d’un cervidé, un cou de serpent. De plus, ses pattes de tigre se terminent par des serres d’aigle. Son ventre est celui d’un mollusque et le reste de son corps est couvert de 117 écailles de carpe, dont 81 sont mâles et 36 femelles. On compare sa voix au son que l’on produirait en tambourinant sur des casseroles de cuivre.

Le dragon chinois n’a ordinairement pas d’ailes, ce qui ne l’empêche pas de voler, grâce à la crête surplombant son crâne. Mais sa principale source de pouvoir réside dans une grosse perle (en réalité une boule de cristal) qu’il cache sous les replis de son menton ou dans sa gorge. Cette perle est souvent synonyme de bonheur, d’abondance, de sagesse ou de connaissance pour celui qui la possède. Contrairement à son cousin occidental, le dragon chinois ne ressemble pas à un dragon dès sa naissance. Il passera par divers stades de métamorphose qui s’étendent sur 3 000 ans.

L’œuf de dragon n’éclot qu’après 1 000 ans, donnant naissance à un serpent aquatique. Il acquiert, après 500 ans, une tête de carpe. La parenté entre dragons et carpes ne s’arrête pas là : selon la tradition, il existe dans le pays plusieurs chutes d’eau et cascades nommées Porte du dragon. Les carpes qui parviennent à remonter se changent en dragons.

dragon2Durant la suite de sa métamorphose, le dragon chinois conserve un corps anguiforme, mais celui-ci se couvre d’écailles, de longues moustaches sensorielles caractéristiques et une barbe se développe. Il développe aussi 4 courtes pattes terminée par des serres, ainsi qu’une queue allongée. Le dragon impérial possède cependant 5 doigts à chaque patte. À ce stade, le dragon s’appelle jiao-long, ou simplement long. Il n’arrivera en effet à percevoir les sons que 5 siècles plus tard, lorsque ses cornes en bois de cerf se développent, lui permettant d’entendre. Cette forme est la plus commune dans les représentations traditionnelles du dragon. Elle se nomme jiao-long. Il atteint finalement l’âge adulte après un autre millénaire, obtenant de facto une paire d’ailes ramifiées. Il devient à ce moment le ying-long. On imagine aujourd’hui aussi des dragons chinois, tout comme d’autres dragons orientaux, possédant une longue crinière dorsale, un ventre de serpent, cinq, quatre ou trois doigts griffus, des cornes à la place des bois, etc. Les dragons orientaux sont intimement liés au climat et à l’eau. Ils ont d’ailleurs tendance à vivre dans ou à proximité de grandes étendues d’eau : fleuves tumultueux, au fond des océans ou au cœur des gros nuages. Comme ses attributs, il était à la fois bénéfique et dangereux. La croyance dans les dragons est plus forte que celle dans les autres dieux, car le peuple les voit avec fréquence dans les nuages changeants. On dit en Chine que « quand les dragons entendent le tonnerre, ils se lèvent ; les nuages arrivent et, s’étant tous formés, les dragons montent et circulent ainsi dans le ciel ».