Correspondances

correspondance.19

Cette correspondance tient une place à part et est précieuse car ces lettres n’étaient pas destinées à l’édition. De plus, Alexandra n’avait jamais voulu écrire son autobiographie, genre littéraire qu’elle trouvait trop subjectif. Bien que la plupart de ses livres la concernent directement, puisqu’ils retracent ses aventures périlleuses en Asie, Alexandra n’y parle jamais de sa vie privée. Les lettres adressées à Philippe Néel constituent bien son «journal de voyage», mais il est beaucoup plus intime qu’un simple carnet de route. C’est à Philippe qu’elle réservait ses impressions, ses projets, ses enthousiasmes, ses déceptions! Alexandra voyage au rythme qui lui convient. Ses destinations évoluent en fonction des circonstances, des rencontres, des possibilités locales, des moyens de transport disponibles, et des troubles politiques affectant certains secteurs qu’elle traverse. Grâce à la multitude de lettres qu’il reçoit (14kg  !), Philippe suit la trace de son épouse…avec un décalage de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois!

       Assistant l’exploratrice depuis 10 ans, Marie-Madeleine Peyronnet pensait que des extraits de cette correspondance pourraient intéresser les lecteurs de l’auteur devenue centenaire, elle lui répondit «Je te fais confiance, fais-en le meilleur usage». Dans l’introduction, Marie-Madeleine Peyronnet écrit  : «La femme que j’avais connue dans ses dernières années toute de rigueur, de despotisme et d’autoritarisme, prenait à cette lecture, une autre dimension […] Ses angoisses et ses désespoirs s’étalent avec une franchise surprenante». C’est en effet la femme qui se confie dans les lettres, une femme exceptionnelle dans ses choix de vie, dans sa force de caractère, dans sa liberté farouche, dans sa résistance à l’autorité imposée, dans son orgueil insolent, dans sa tyrannie. Mais une femme qui ne fut pas sans faiblesses, une femme qui connut des désillusions, des découragements, des tristesses et des blessures, en un mot de ces failles qui traversent la vie. Le personnage n’en est que plus «humain».