Jeunesse

Louise, Eugénie, Alexandrine, Marie, DAVID est née à St Mandé, à côté de Paris, le 24 octobre 1868.

Son père, Louis-Pierre David est né le 5 juillet 1815 à Tours, dans le département d’Indre et Loire. Instituteur comme son père, mais en raison de ses idées politiques trop républicaines, il est exclu de l’enseignement. Il se dirige ensuite vers le journalisme. Il devient un révolutionnaire très actif en 1848. Il a alors trente-trois ans. Louis David choisit la Belgique pour terre d’exil à la suite du coup d’état du 2 septembre 1851.

La mère d’Alexandra, Alexandrine Borgmans, est née à Bruxelles le 30 janvier 1832, d’une mère Belge née à Louvain en 1809 et d’un père inconnu. Elle rencontre Louis David, il la demande en mariage, en 1854. De cette union est née Alexandra en 1868.

Les première fugues de l’enfant, notamment dans le bois de Vincennes, prémices de ses grands voyages ne la mènent pas très loin mais lui donnent un goût prononcé pour l’aventure.

Elle a six ans lorsque sa famille part pour Ixelles, au sud de Bruxelles. « Bruxelles est presque ma patrie. Petite Parisienne de moins de six ans, j’y suis arrivée toute hérissée de méfiance et de dédain, bien résolue, à bouder cette capitale » (Sous des nuées d’orage, Plon, 1940)

Alexandra ne perd jamais de vue son principal objectif : voyager ! Ce qu’elle a lu chez Jules Verne, elle veut l’expérimenter. A quinze ans, elle profite d’un séjour à Ostende pour fuir vers l’Angleterre. Elle recommence un peu plus tard en prenant le train pour les lacs italiens :  » Deux années s’écoulèrent encore. Devenue une jeune fille avisée, je préparai longuement et avec soin, le plan de ma troisième fugue. Un train m’amena en Suisse, je traversai le Saint-Gothard, à pied, et gagnai l’Italie, préludant, sans m’en douter, aux longs voyages pédestres que je devais effectuer, plus tard, en Asie.. » (Sous des nuées d’orage, Plon, 1940)

Attirée par l’étude des religions et plus particulièrement par les philosophies orientales qu’elle a découvertes au Musée Guimet, où, écrit-elle, sa vocation d’orientaliste est née.

En 1892, Elle part pour l’Angleterre, à Londres, et s’installe à la « Gnose suprême » une société secrète. C’est au cours de ce séjour qu’elle entend parler de la « Société Théosophique ».

 En 1893, elle vit par intermittence entre Paris et la Belgique, Alexandra découvre les jeunes anarchistes de Bruxelles. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Jean Hautstont, tous deux  anarchistes, passionnés d’orientalisme et fascinés par l’Asie, socialistes, musiciens… Alexandra fait également la connaissance d’Elisée Reclus, le grand géographe-anarchiste, avec lequel elle entretient une relation amicale et fidèle jusqu’au décès de ce dernier en juillet 1905.

Alexandra décide de s’embarquer pour un vrai beau et grand voyage. En  1894, elle prend un bateau à Marseille en direction de Colombo. Elle va enfin pouvoir perfectionner son sanskrit et fréquenter les véritables sages hindous. L’un d’eux la marque particulièrement : Bashkarananda, un vieil ascète qui vit nu dans un parc de roses à Bénarès et dont elle conserve un souvenir impérissable.

Alexandra a l’idée d’un traité anarchiste dont elle initie l’écriture et demande une préface à Elisée Reclus. « Pour la Vie » est un pamphlet libertaire qui est publié aux éditions de la « bibliothèque des temps nouveaux ». De cette imprimerie bruxelloise sont sortis d’autres livrets écrits par Reclus, Bakounine, Tolstoï, etc. « Pour la Vie » parait en décembre 1900. Quelques années plus tard, Alexandra et Jean Hautstont composent ensemble un opéra, Lydia, qui est monté au théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1904.