Chant et mariage

Pour devenir indépendante, il faut travailler. Ayant obtenu le premier prix de chant théâtral lyrique français en 1889 à Bruxelles, elle gagne sa vie dans une carrière artistique qui dure 14 années : 1888 à 1902. Sous les pseudonymes de « Alexandra David », puis de « Alexandra Myrial » elle obtient des engagements dans différents théâtres de province, d’Europe, d’Indochine et d’Afrique du nord. Chanteuse lyrique, Alexandra commence sa carrière en Belgique, à Paris, puis part dans un tour de chant au Tonkin, l’Indochine, et plus particulièrement à Hanoï et Haïphong.

Elle interprète, avec succès sur les diverses scènes où elle se produit : Marguerite dans Faust de Gounod, Mireille de Massenet et bien d’autres rôles…

Alexandra continue son tour de chant en passant par Athènes. La saison théâtrale terminée, Mademoiselle Myrial quitte Athènes et regagna Paris. 

En 1900, c’est le début d’un nouveau siècle et la future « Mme David-Neel » débarque à Tunis en août.  Elle désire, parallèlement à son travail de cantatrice, étudier divers aspects de la vie des Tunisiens en vue d’articles à produire pour divers journaux.

A peine débarquée à Tunis, le hasard la met en relation avec Philippe Neel, ingénieur des chemins de fer. 

Philippe et Alexandra emménagent dans une vie commune à « La Mousmée », une superbe maison arabe de la Goulette, elle décide de mettre fin à sa carrière artistique en 1902.

Désireuse de gagner son propre argent et de rester indépendante dans leur union libre, elle tente d’entamer une carrière littéraire en plus de celle, journalistique, qu’elle pratique depuis quelques années en publiant en particulier à « La Fronde », « Le Mercure de France », « l’Etoile Socialiste »… Alexandra tente une carrière d’écrivain avec deux romans qui ne trouvent pas d’éditeur, « Le Grand Art, journal d’une actrice » et « Dans la vie, femmes modernes ».

 En 1904, Alexandra a presque trente-six ans lorsque la féministe convaincue et Philippe s’épousent, ayant elle-même rédigée son contrat de mariage.

Alexandra n’est pas faite pour tenir le rôle de femme au foyer et elle continue à voyager à travers l’Europe et à écrire articles et manuscrits.

Durant les premières années de mariage, elle réussit à faire publier deux livres traitant de philosophes chinois, Meh Ti et Yang Tchou. Ces livres n’ayant pas le succès escompté, Alexandra doit continuer à accepter l’aide financière de son mari, celle-ci dure du mariage jusqu’au retour de Lhassa… Elle ne désirait pas d’enfant et la vie maritale qu’elle découvre lui pèse jusqu’à la mener dans une dépression. Ce besoin de partir étant irrépressible, Philippe Neel lui propose un beau voyage en Asie, occasion qu’Alexandra saisit rapidement pour affiner ses études orientalistes et mener son expérience concrète du terrain.