Soir d’une vie

De retour en France dans un avion militaire américain, une période studieuse et productive l’attend à Samten dzong, à Digne. Elle rédige une nouvelle série d’ouvrages (voir bibliographie). La disparition brutale de son fils en novembre 1955 à seulement 56 ans la laisse seule et sans héritier.

En 1959, elle fait la connaissance de Marie-Madeleine Peyronnet, jeune femme de 29 ans dans un hôtel d’Aix en Provence. Cette dernière devient vite sa collaboratrice dévouée dans tous les domaines. Elle assiste la tibétologue dans son quotidien devenu très éprouvant avec les affres de la vieillesse.

 Les prix se multiplient, elle devient en 1964 commandeur de la Légion d’honneur.  En 1968, pour sa centième année, un lycée de Digne est inauguré et porte son nom. Alexandra David-Neel s’éteint le 8 septembre 1969 dans son fauteuil de Samten dzong. Marie-Madeleine Peyronnet respectera les dernières volontés de l’intraitable orientaliste. Elle fera immerger ses cendres dans le Gange à Bénarès, en 1973. Le fleuve sacré ayant refermé le livre de la longue vie d’Alexandra, rendant un dernier hommage à la spiritualité hindoue, qu’elle a tant admirée.

À sa mort, l’exploratrice a légué la maison, le terrain ainsi que ses oeuvres, droits d’auteur, objets, documents d’archives à la Ville de Digne-les-Bains. En 1970, les collections asiatiques ont été léguées au Musée Guimet, au Musée de l’Homme (transférées aujourd’hui au Musée du Quai Branly) et à la municipalité de Digne-les-Bains. Dans son testament, elle précise très exactement ce qu’elle attend de laVille. « Si elle a pris cette décision, c’est parce que c’était la plus simple », note Marie-Madeleine Peyronnet, sa secrétaire particulière. Cette dernière a hérité poursa part d’un logement qu’elle pourra habiter jusqu’à sa mort.