Dites-lui avec des roses…

par Clément Daumas dans Non classé
    D’après Marie-Madeleine Peyronnet, sa secrétaire et amie bien connue des lecteurs et des dignois, Alexandra David Néel détestait qu’on lui souhaite son anniversaire. Nous ferons exception en 2018 car il s’agit de célébrer la 150ème année de sa naissance.
Qu’aimait Alexandra David Néel ?
La célèbre femme de Lettres aimait la nature et le calme, la lumière et l’espace. C’est la raison pour laquelle Digne-les-Bains a été choisi pour y construire la seule et unique maison qu’elle ait possédée dans toute sa longue existence.

Carte postale de Digne au moment de l’achat de la propriété vers 1928
Dans la maison- baptisée la forteresse de la réflexion ou Samten Dzong- l’important était de vivre entourée d’objets asiatiques lui permettant de se sentir en Orient quand elle était en Europe et de ses livres innombrables, et essentiels pour l’écriture de ses ouvrages.
Son jardin était également incontournable. Lorsqu’elle se mit en quête d’un lieu pour s’installer, elle affirmait clairement que le terrain importait plus que la maison. De son terrain vaste à l’origine de 1,5 hectare, elle n’a utilisé que la partie basse qui était pourvue d’une source. Là elle installa un potager dans lequel son fils tibétain, le Lama Yongden était le jardinier principal.

Jardin partie basse Samten Dzong, la maison d’Alexandra David-Neel
Mais la grande passion d’Alexandra David Néel c’était les Roses.
   L’expression de cet amour revient inlassablement dans sa correspondance : « Quand vous reviendrez de Londres ce sera la saison des roses à Digne. Je vous attendrai » écrit-elle à son amie Maria Lloyd en 1950…
Alexandra vit entourée de roses, la tapisserie de sa chambre à coucher fleurie de roses rouges et roses en témoigne encore aujourd’hui. On peut noter dans sa bibliothèque qu’ elle couvrait les livres avec des pages de magazines illustrées d’images de roses. Un œil exercé remarquera la présence permanente de bouquets de fleurs fraîches (toujours des roses) disposées sur sa table de travail, dans son salon. Même l’un de ses anciens costumes de chanteuse lyrique est brodé de roses, ce qui prouve un attachement ancien à cette fleur puisqu’elle fut prima donna dans sa jeunesse.
Elle fera venir régulièrement des rosiers de Hollande et Philippe Néel son mari, en apporte lui-même.
Elle va créer autour de sa maison un jardin de roses – aujourd’hui disparu – dont on peut dénicher l’origine dans un premier texte inédit dont une partie sera reprise dans l’Inde où j’ai vécu : il s’agit de la rencontre avec l’ascète Bashkarananda. « Quelques jours après mon arrivée à Bénares, je me rendais au « jardin de roses ». Oh jardin de roses, jardin embaumé, jardin d’Orient qui resplendissait sous l’ardent soleil quand je vis pour la première fois… »

Bashkarananda
  
   Cette fleur venue d’Orient a quasiment disparu du jardin de Samten Dzong : il est donc proposé aux Dignois amateurs de rosiers de bouturer leur plus beau rosier afin de l’offrir à Alexandra David Néel au printemps 2018.
L’ensemble des rosiers offerts par les Dignois formera le jardin de roses dont elle avait toujours rêvé et qui est aujourd’hui disparu. Tout type de rosier est bienvenu, rosier ancien ou contemporain, remontant, odorant ou non etc… l’essentiel est que vous le choisissiez parce que vous l’aimez pour son parfum, sa couleur, la forme des fleurs, ses épines…. ou son histoire.

Entrée Sud de Samten Dzong, la maison d’Alexandra David-Neel
Pour plus de renseignements : maison Alexandra David Néel 04 92 31 32 38
                               maison.adn@dignelesbains.fr

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