Retrouver l’atmosphère de la Maison d’Alexandra

par maisonadn dans Non classé

Des travaux financés par l’État, l’Europe, la Région et la Ville vont être entrepris cette année dans la maison d’Alexandra David-Neel. Le public pourra ainsi la redécouvrir dans son état d’origine au printemps 2019.
Après la traversée des deux jardins, le public se dirigera vers le bâtiment du haut de la propriété sur 630 m2 , il pourra parcourir 4 espaces d’expositions retraçant les grandes étapes de sa vie : la première dédiée aux engagements de jeunesse. Libertaire, artiste lyrique et féministe, elle tracera sa propre voie vers l’émancipation, l’autonomie financière. Trois autres espaces d’expositions évoqueront les voyages en Inde, Chine, Japon, Tibet.

Enfin une boutique gérée par l’Association Alexandra David-Neel proposera à la vente de nombreux articles tibétains, les livres et biographies d’Alexandra David-Neel, ainsi que des ouvrages sur la spiritualité et les voyages en Asie.

RESTER FIDÈLE À CE QU’ELLE A VOULU

Le parcours se termine par la visite de la maison patrimoniale, dédiée à l’écriture et à la vie personnelle : amies, mari, fils adoptif seront présentés dans une maison dont l’atmosphère originelle sera reconstituée. Les visiteurs entreront par l’entrée d’origine ; ils verront alors ce que les visiteurs (journalistes, orientalistes, relations) découvraient avec stupéfaction: masques grimaçants suspendus, bouddhas dorés illuminés par la lumière colorée des baies vitrées, grands panneaux de calligraphie chinoise, éloge de la propriétaire des lieux. Grâce à une étude stratigraphique réalisée en mars 2018, la palette très variée des couleurs élue par Alexandra sera restituée. Etant donné l’exiguïté des pièces et leur valeur patrimoniale, la visite se fera par groupe accompagné de 5 personnes maximum. Toujours dans l’intention de rester fidèle à la pensée d’Alexandra, Samten Dzong, la « résidence de la réflexion », accueillera un centre de recherche chargé d’éditer de nouveaux écrits. Il faut que la maison reste vivante pour être fidèle à ce qu’elle a dit et voulu, rester le plus proche possible de sa pensée.

LA VILLE DE DIGNE-LES-BAINS,
PRINCIPALE HÉRITIÈRE D’ALEXANDRA

À sa mort, l’exploratrice a légué la maison, le terrain ainsi que ses oeuvres, droits
d’auteur, objets, documents d’archives à la Ville de Digne-les-Bains. En 1970, les
collections asiatiques ont été léguées au Musée Guimet, au Musée de l’Homme
(transférées aujourd’hui au Musée du Quai Branly) et à la municipalité de Digneles-
Bains. Dans son testament, elle précise très exactement ce qu’elle attend de la
Ville. « Si elle a pris cette décision, c’est parce que c’était la plus simple », note Marie-
Madeleine Peyronnet, sa secrétaire particulière. Cette dernière a hérité pour
sa part d’un logement qu’elle pourra habiter jusqu’à sa mort.
Sa relation de confiance avec Charles Romieu n’y est sans doute pas étrangère :
son médecin personnel était en effet également le maire de la Ville, à l’époque.
Il venait souvent à Samten Dzong voir Alexandra David-Neel, à l’instar de nombreuses
personnalités, journalistes… « Il était radical-socialiste. Il venait au moins
une fois par mois. Ils parlaient politique, jamais de médecine », se souvient Marie-
Madeleine Peyronnet.
Dans son testament, Alexandra David-Neel a autorisé la Ville à construire sur le
terrain. Pour lui rendre un dernier hommage, le docteur Romieu a fait le déplacement
à Marseille, avec tout le conseil municipal, le jour de son incinération. Marie-
Madeleine Peyronnet a respecté ses dernières volontés en allant disséminer
ses cendres et celles de son fils adoptif