Alexandra David-Neel, Lhassa, 1924 : Une (é)preuve photographique – 14 février – 31 mars 2024

La Maison Alexandra David-Neel célèbre le centenaire de l’entrée d’Alexandra David-Neel à Lhassa à travers une exposition de photographies orchestrée par Hervé Jézéquel. À partir de l’image iconique d’Alexandra David-Neel prise en février 1924 dans la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers, cette exposition dossier propose d’analyser le rôle des images tout au long du parcours d’Alexandra David-Neel.

De ce voyage à Lhassa, en ayant bravé l’interdit, Alexandra David-Neel revient avec des images qui témoignent de sa présence sur place et de l’authentique réalité d’un exploit.
L’étude des images prises à Lhassa lève le voile sur ce qui relève en partie du mystère.
L’image emblématique, montrant entre autres l’écrivaine orientaliste avec Yongden, le jeune lama qui l’accompagne durant son périple, posant devant le Palais du Potala, reste la preuve unique de la présence d’Alexandra David-Neel à Lhassa en 1924.

Les images collectées durant ses deux mois à Lhassa, de février à mars 1924, nous racontent une histoire parallèle à celle du récit (Voyage d’une Parisienne à Lhassa) et la complètent en nous faisant basculer de l’imaginaire d’un lointain à une proximité visuelle. En approchant les images, en les interrogeant, en étudiant leurs techniques, leur format… nous reconstituons une part de leur histoire, identifions leur probable auteur tout en croisant les différents personnages, protagonistes qu’Alexandra David-Neel rencontre avant, après et pendant son séjour à Lhassa. Les images rapportées de la capitale tibétaine illustre nombre d’ouvrages de l’autrice, mais également les articles qu’elle publie à travers le monde et jusqu’à la fin de sa vie. On comprend alors l’usage qu’Alexandra David-Neel fait de la photographie (recadrage, retouche, annotations) et son intérêt pour certains aspects techniques.

Les photographies sont remises en contexte avec son célèbre ouvrage Voyage d’une Parisienne à Lhassa, publié d’abord en Angleterre en 1925 puis en France aux éditions Plon en 1927, ainsi que le très secret Souvenirs du Voyage au Tibet imprimé en 1925 et tiré à 10 exemplaires, puis les multiples éditions qui suivront ainsi que des articles. L’exposition «Alexandra David-Neel, Lhassa, 1924 : une é(preuve photographique)» permet aussi de mieux comprendre le contexte politique et géographique de ces années 1920-1925 au Tibet où la tension est très importante. Ceci explique la dimension incroyable de l’exploit physique et intellectuel de l’écrivaine voyageuse, toujours portée par un intérêt constant de dévoiler sa relation au pays par la puissance visuelle et documentaire de l’image.

Design : antichambre / Image : © Maison Alexandra David-Neel